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Toi, moi, nous...et les autres!!!
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6 septembre 2021

Essai/nouvelle / FIN

 Elle me reçut chaleureusement, une flambée crépitait dans la cheminée ; madame Lucille Verrière avait préparé un repas pantagruélique accompagné d'une excellente bouteille de vin rouge , "un Clos-Vougeot" qui s'accordait merveilleusement avec les cochonnailles et les fromages. C'était un festin de roi. En sa compagnie, je me sentais bien, je me sentais en sécurité. Nous papotions comme des vieilles commères, quand brusquement elle me demanda si j'avais souvenance d'un fait divers qui s'était passé au village il y avait environ quelques quarante ans.

-Madame Verrière , comment le pourrai je ? je n'étais pas née.

- Dans ce cas... elle étouffa un petit rire,

et d'une voix chargée d'émotion, elle déclarait : " le drame remonte à une quarantaine d'années, La jeune femme arrivait de Paris avec ses deux jeunes enfants : des jumeaux de sept ans, Jean et Louise. Elle avait acheté la vieille ferme aux confins du village. Discrète, on la voyait toujours avec les jumeaux. Jean, pour son âge était robuste, possèdait un caractère difficile et se montrait souvent querelleur et bagarreur. Les gamins du village le craignaient et avaient cessé de jouer avec lui. Louise était le contraire de son jumeau, une petite fille gracieuse, intelligente très calme, trop timide face à l'intrépidité de son frère. Certaines personnes du village prétendaient avoir vu son jumeau la malmener.

Le premier dimanche de septembre, le garde champêtre découvrit le corps sans vie, de Louise. Son frère était assis à ses côtés, prostré, le regard hébété. Une enquête fut diligentée par la gendarmerie et tout le village fut convoqué, y compris les enfants en âge de pouvoir répondre aux enquêteurs .

Les soupçons s'orientèrent sur la mère, mais celle-ci ne fut pas inquiétée, au moment des faits elle consultait le médecin au village voisin. L'autopsie révéla que la pauvre petite était morte empoisonnée ; elle aurait avalé de la mort-aux-rats.

Le village était sous le choc. Tous pensèrent que seule la mère était coupable, ils l'accusèrent d'infanticide, sans preuve, bien entendu, n'était elle pas l'Etrangère. D'ailleurs, elle n'avait fourni aucun effort pour s'intégrer à la communauté ; elle vivait recluse. La rumeur, dans nos campagnes est tenace. Le village dans son ensemble assista aux obsèques de Louise et tous obserrvèrent la mère. Après l'enterrement, la mère fut mise en quarantaine, son patronyme devint tabou. Pour tous , elle était devenue " ELLE"

Elle ne se troubla aucunement, fit face à ces ignominies avec arrogance et dédain, hautaine et méprisante. Avec le temps les gens oublièrent, tous tentèrent d'oublier cette tragédie.

Bien des années après le décès de Louise, on apprit que Jean avait été interné en Hôpital psychiatrique, à Paris, les mêmes gens que jadis qui accusèrent la mère, condamnèrent le jumeau, sans preuve, bien évidemment.

-Mme Verrière, qui était cette femme?

- Geneviève Gaston

- Geneviève Gaston, répétai-je, ahurie.

- Oui

- Elle vit toujours au village ; vous devez la connaître probablement.

Je me sentis défaillir, j'avais le coeur au bord des larmes, je cherchais à comprendre l'incompréhensible....

Nous nous quittâmes sur une note triste.

 

Boulversée par ces terribles et surprenantes révélations que j'en oubliais mon amie Suzette, pour me faire pardonner ce trop long silence, je l'invitais à passer la journée avec moi. Nos retrouvailles furent, comme toujours, heureuses. En attendant le déjeuner, nous pratiquions notre sports favori : le shopping. Puis nous nous installâmes sur la terrasse ombragée du seul restaurant du village.

Suzette était plus qu'une amie pour moi, je la considérai comme ma soeur. Nous partagions tout : secrets, amours, joies ou peines. Nous jouissions d'une belle complicité et, tout naturellement, je lui fis part se la mort bizarre de la petite Louise Gaston.

Suzette m'écoutait frappée d'horreur. Tu dois te tromper me dit-elle, il s'agit probablement d'une homonymie.

-Non Lucille Verrière est formelle, la petite est bien la fille de Geneviève Gaston.

- Fort bien !! on rouvre "l'enquête"

- Que dis tu ?

- tu as bien entendu, on rouvre l'enquête.

Suzette m'amusera toujours, tout lui paraît évident. Je me souviens qu'enfant, elle aimait jouer "au détective". Aujourd'hui encore, elle s'investit entièrement dans tout ce qu'elle entreprend au sujet de la dite "affaire" moi je me suis convaincue de l'absurdité de la chose.

Armée de mon seule courage, je me rends chez Madame Gaston, curieusement, elle m'attendait déjà.

L'atmosphère qui règnait dans la salle de séjour était troublante, dérangeante, assise en face d'elle, je me sens étrangement mal, la tête me tourne, je ne peux plus bouger. Je ne suis plus maître des mes mouvements. Je suis entravée et, malgré mes efforts répétés, je n'arrive pas à briser ces entraves. la peur me paralyse, le silence est total et oppressant. L'obscurité qui règne dans la pièce m'épouvante. J'ignore où je suis comment je suis arrivée là. j'ai dû être piégée, je crie de façon muette.

Je suis désorientée, j'ai dû perdre la raison.

J'entends des pas , des cliquetis des clés dans la serrure ; la porte grince et finit par s'ouvrir, aucune lumière ne s'allume. Quelqu'un s'approche de moi, je sens sa respiration, je sais qu'il m'observe. Il me faut rester calme, dominer ma peur, ne pas bouger, laisser les yeux clos, ne rien tenter qui puisse agacer cet "observateur inconnu".

Les pas s'éloignent, la porte se referme avec le même couinement des clés dans la serrure. Il est parti. Je suis moralment exténuée et dans l'incapacité d'échafauder un plan, de trouver un habile subterfuge pour sortir de cette situation cauchemardesque. Je perds toute notion du temps.

Une peur panique s'empare de moi, je m'époumone à hurler des appels au secour, mais ma voix s'éteint. A force de concentration, je retrouve le fil conducteur de mes pensées. Maintenant, je me souviens de tout, surtout de la promesse faite à Suzette de me rendre chez madame Gaston pour élucider "l'affaire".

J'avais tout bien pensé, tout calculé, j'étais fin prête pour exécuter la mission, j'ai repris mes esprits, j'ai toute ma lucidité.

Me voilà devant la porte de madame Gaston,, je n'ai pas eu le temps de sonner que déjà la porte d'entrée s'ouvre. Je lui adresse un sourire hypocrite. Le thé et les biscuits sont prêts, comme toujours nous nous installons dans la véranda, elle sert le thé, s'assoit dans son fauteuil, déploie le plaid  sur ses jambes et ajuste le châle sur ses épaules.

Sans perdre de temps, je me lance dans la suite de mon récit amoureux. J'embellis sciemment la relation intime, je m'excuse presque d'avoir tenu des props tendantieux à l'encontre de Jean Edouard. Je déclare que sous l'emprise de ma jalousie excessive, je manque d'objectivité, j'endosse l'entière responsabilité de cet échec sentimental. J'avoue me violence, mon désir de " destruction".

Je fais une pause, je la regarde, j'ai l'impression qu'elle ne m'écoute pas. Je la sens préoccupée, elle attend qu'un évènement se produise, je le devine à ses attitudes, à ses mimiques. Je sais aussi qu'elle sait que je lui mens éffrontément dans le seul but de lui faire avouer la vérité sur le décès de Louise. Je l'ai promis à Suzette.. Je sais encore que Jean Edouard est proche d'elle, je minimise son rôle dans notre relation amoureuse, je l'innocente de tout. Je suis seule responsable de cet échec sentimental. J'exprime mes regrets encore et encore.

Elle me toise du regard, toujours sans rien dire, elle attend le moment propice pour attenter à ma vie...

Je me sens mal...

Je me sens défaillir, c'est étrange tout devient noir.

Les batteents de mon coeur s'accélèrent, ma respiration devient haletante, ma vue se trouble, je ressens comme une faiblesse et je suis prise d'étourdissements. J'aperçois une silhouette d'homme qui s'approche de moi et je vois encore, avant de perdre connaissance, les sourires démoniques de Geneviève Gaston et de Jean Edouard Duval.

Je suis dans un abîme de désespoir.

Ils avaient tout manigancé, ils avaient comploté de me tuer, J'étais perdue.

Je pense très fort à Suzette, elle seule sait où je suis, elle devrait déjà s'inquiéter de mon absence. Elle va venir me chercher ou mieux encore faire venir la gendarmerie. Elle a trouvé l'énigme. Elle est mon seul espoir.

Suzette, pourquoi ce silence, pourquoi cet abandon?

Je vois un rai de lumière passé sous la porte, je suis tétanisée, la porte grinçante s'ouvre sur " Satan"

 

Geneviève Gaston, mon bourreau, vien mettre la sentence à exécution, elle se venge, mais de quoi?

Elle me sourit diaboliquement et d'un ton sarcastique dit : " Vous voici de retour parmi nous, mademoiselle Dupuis, je vais enfin pouvoir vous présenter toute ma famille. Vous vouliez tout savoir ! je crois.

Je vous présente :

- Mon fils Jean Edouard Duval, 

- Ma fille Louise-suze Duval, alias Suzette,

- Ma soeur Lucille Duval, veuve Verrière,

- Moi Geneviève Duval, épouse Gaston.

Mademoiselle Dupuis, votre curiosité morbide doit être maintenant comblée. Ils me regardèrent férocement et j'entends leurs rires cruels.

Tous les quatre décident de me laisser dans ce cul-de-basse-fosse.

J'entendis la porte se refermer,

j'entendis le cliquetis des clés dans la serrure ; j'entendis les pas s'éloigner, je n'entendis plus les battements de mon coeur, je n'entendis plus ma respiration, je n'entendis plus rien, je n'entendrais plus jamais rien.

 

Mais dans le tréfonds de mon âme, j'entends toujours :

"ELLE"

une femme,

une histoire,

un amour,

une trahison,

une rupture,

une folie,

une démence,

Une profonde déchirure dans le subconscient abyssal de mon être;

L'infirmière referma doucement la porte blanche à hublot. J'entendis encore le cliquetis des clés dans la serrure....

Je vous entends encore rire cruellement.

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Commentaires
E
@ Manu,<br /> <br /> Merci beaucoup ma puce, je vais essayer !!!<br /> <br /> bisous à très vite
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M
Hé bien ! De passage ici où je n’étais pas venue depuis fort longtemps, je ne suis pas déçue ! Bravo!!! Belle intrigue, excellent dénouement, continue ! Gros bisous 😘
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A
Elle est géniale ton histoire ! Tu es vraiment la reine du suspense, je ne m'attendais pas du tout à cette fin !!!
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