Attendre !!!
Etre dans l'expectative d'un dénouement, d'un évènement quel qu'il soit m'angoisse terriblement. En avril 2020 mon mari a eu une embolie pulmonaire, suite à celle ci, un suivi est engagé et les scanners de contrôle sont effectués. A la mi août les résultats de ce dernier font apparraître des petits changements et qu'il est donc souhaitable de passer un petscann. Ne connaissant pas cet examen, je cherche et bien évidement ce que je trouve me tétanise. Après quelques jours, le penumologue indique à mon époux, par téléphone, qu'il faut pousser un peu plus les investigations, qu'un rendez vous est fixé pour ce lundi avec un chirurgien et un anesthésiste en vue d'une hospitalisation vraissemblement en ambulatoire.. Quand??? nous le saurons lundi. Suite à cette intervention, il faudra encore attendre les résultats, nous en sommes là.
Aujourd'hui, mon coeur, mon corps sont en vigilence orange. Je suis en apnée. Ma raison me dit, " tant qu'on ne sait pas, inutile de s'alarmer" certes, mais ma petite voix intérieure me dit "sens,!!! l'ouragan rôde, il arrive, il te dévastera". Ma peur, la peur que le diagnostique soit ce que nous redoutons tous me tétanise, cette attente ne fait qu'amplifier cette peur. Si tel est le cas, s'armer de courage, se montrer forte, épauler, et accompagner afin que l'information soit comprise et digérer, car ce genre de scud on le prend forcément de plein fouet.
Pour autant je tremble de tout mon être, faire face oui mais plus facile à dire qu'à faire. Trouver les mots pour soulager les maux, en serai je capable, je ne sais plus, J'ai par le passé déjà dû affronter cette terrible maladie qu'est le cancer, ma mère, mon beau père, tous les deux mon mari et moi les avons accompagnés, je sais qu'il faut du courage à la fois pour le malade et pour l'entourage. Comment annoncer aux enfants, aux petits enfants même s'ils sont adultes que la maladie frappe et que l'issue est incertaine. Comment ne pas pleurer (ce que je ne cesse de faire dès que je suis seule, c'est inutile mais c'est ma soupape), comment ne pas s'effondrer, comment ne pas penser au pire dans un avenir proche et espérons le plus lointain possible.
Je voudrai vieillir encore de quelques jours afin que le diagnostique soit posé, que je retrouve mon mari moins soucieux, heureux de continuer à jouir de son terrain de jeu favori le char à voile, que je sois rassurée, que je me dise que je ne suis qu'une vieille conne de me faire autant de noeux au cerveau, que je suis qu'une grosse maso qui n'a rien de mieux à faire qu'à se torturer.